Jardin comestible en juillet 2025 – Gouttes de Vert
Née dans les années 1970, au moment où l’on se rend compte que les ressources ne sont pas illimitées, la permaculture est, aujourd’hui encore, victime de son succès. Outil commercial pour certains, solution miracle pour d’autres, sur mon chemin de jardinière-paysagiste, je me rends compte qu’elle n’est jamais vraiment comprise. Je te propose un petit éclairage ici.
1. A l’origine
Le terme “permaculture” vient de la contraction de 2 mots : “permanent” et “agriculture”.
La permaculture est une méthode qui a été inventée par deux Australiens, Bill Mollison, biologiste, et son élève David Holmgren, essayiste.
Au début, ils ont souhaité proposer un moyen de concevoir des systèmes agricoles plus durables et résilients que ne le sont les modèles de production actuels.
Bill Mollison et David Holmgren ont publié ce premier livre en 1978.
La communauté professionnelle fut scandalisée. Ce livre regroupe des domaines très variés qui, « a priori », n’ont rien à voir ensemble : architecture, biologie, agriculture, gestion des forêts, élevage, etc. Pour autant, auprès du grand public, ce fut un succès. Dans cette époque de prise de conscience sur la destruction de la nature par les activités humaines, beaucoup cherchent des solutions voyant que le modèle dominant n’est pas forcément la meilleure voie.
2. Un élargissement
Ayant eu beaucoup de succès auprès du grand public, la méthode de la permaculture s’est très vite élargie à toutes les sphères de nos vies : habitat, éducation, gouvernance, santé, communication, énergie…
Dès 1979, Bill Mollison et David Holmgren, élargissent le concept avec la publication d’un nouveau livre.
D’une méthode de conception de systèmes agricoles, la permaculture devient une méthode de conception d’habitats humains durables.
La fleur permaculturelle illustre bien cet élargissement
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Aujourd’hui, la permaculture n’est donc pas qu’une méthode agricole. C’est une méthode de conception d’écosystèmes, voire de systèmes, durables et résilients en tout genre.
3. Une méthode
Dire que c’est une “méthode” signifie qu’elle propose un cadre, sur lequel on peut s’appuyer pour aller dans un certaine direction. Ici, la direction c’est de construire des modes de fonctionnement durables et résilients.
Comment on pose ce cadre ? En créant des principes par exemple. La permaculture repose sur 3 principes éthiques qui constituent le socle de cette démarche :
- Prendre soin de la terre
- Prendre soin de l’humain
- Partager équitablement les ressources
L’éthique de la permaculture
Ce sont des principes fondamentaux. Si l’un de ces piliers n’est pas respecté, par le nouveau système, ce dernier n’est plus considéré comme basé sur la permaculture.
4. Les principes de conception
En plus de ces 3 principes fondamentaux éthiques, David Holmgren a théorisé 12 principes “de conception”. Ce sont des principes qui aident à créer le nouveau système. Contrairement aux principes éthiques, s’ils ne sont pas respectés par le nouveau système, cela ne remet pas forcément en cause l’orientation “permacole” du système.
Les 12 principes de conception tournent autour de l’éthique qui constitue le cœur de la permaculture
Cette liste des 12 principes de conception n’est pas exhaustive. La permaculture se veut un cadre qui aide mais jamais qui enferme. Elle invite à l’ouverture, à l’imagination d’autres modes de fonctionnement. Aussi, si tu as envie d’ajouter d’autres principes de conception, tu peux ériger en principe tes propres idées.
Conclusion
La permaculture ne concerne donc pas que le jardinage ou l’agriculture, même si elle y a puisé sa substance. Elle offre un cadre de référence pour aller dans une direction : la durabilité de nos modes de vie.
Il n’existe pas d’image qui représente parfaitement la permaculture, ni de label qui permette d’affirmer « ceci est de la permaculture » ou « cela n’est pas de la permaculture ». Ce concept offre essentiellement une source d’inspiration dans laquelle venir puiser. C’est à nous, ensuite, de créer de nouveaux systèmes qui soient totalement adaptés à notre contexte propre.





